Trouver un emploi à Toronto

Dernière mise à jour : 17 févr.

Comment se passe le travail à Toronto ? Est-il facile de trouver un emploi ? Ces questions reviennent souvent sur les forums. Après 4 ans et demi à Toronto, je préfère vous parler franchement.



J’en ai parlé dans mon premier article sur mon expérience d’expatriation, j’ai suivi mon mari à Toronto et je pensais sincèrement trouver un emploi en claquant des doigts. Je pensais que le Canada était comme les Etats-Unis, que nous pouvions trouver un job facilement et même changer de secteur d’activité comme bon nous semblait mais j’avais tout faux.


Je vois souvent sur les forums des personnes qui disent avoir trouvé un emploi très vite et qu’elles ne comprennent pas pourquoi certains disent que c’est compliqué. Il y a bien évidemment des secteurs qui trouvent un emploi assez vite car la demande est forte. Je pense aux ouvriers dans la construction et aux développeurs par exemple.


Mais qu’en est-il pour une personne d’un autre secteur d’activité ?


Pour ma part, je suis chef de projet informatique depuis plus de 10 ans mais spécialisée malgré moi dans les infrastructures, pour les personnes à qui ça parle. A Toronto, des infrastructures informatiques il y en a peu ou pas du tout, donc les emplois dans ce domaine sont rares. Il reste alors les emplois de chef de projet software. J’ai donc postulé à ces annonces car pour moi un bon chef de projet est capable de s’adapter au projet qu’il gère. J’ai eu de nombreux entretiens mais aucun n’a abouti. Pourquoi ? Quelques mois plus tard, j’ai compris.


- Ils souhaitent de la stabilité. J’avais un visa de 2 ans et la simple idée d’embaucher quelqu’un pour aussi « peu » de temps les embêtaient.


- Je ne suis pas Canadienne, je suis arrivée depuis peu. Mes entretiens ont eu lieu dans mes premiers mois ici. Je ne connaissais pas tous les codes liés au travail alors, forcément, lorsqu’un autre candidat arrivait avec plus d’expérience ici, il prenait le poste.


- Je n’avais pas de référence au sein de la société où j’avais postulé. Rien de mieux tout de même que de faire la différence avec quelqu’un en interne qui transmet votre CV. Cela permet une bonne introduction et nous donne de la crédibilité.


- Je pensais que mon expérience en France était un atout et j’ai beaucoup axé mes entretiens là-dessus. Finalement la valeur de cette expérience n’était pas aussi importante que je ne le pensais, l’expérience Canadienne l’est bien plus.


Je suis allée à de nombreuses conférences sur la recherche d’emploi et la compréhension du marché du travail canadien (en français et en portugais). J’y ai appris de mes erreurs en entretien. J’ai surtout retenu que je devais sortir des sites internet de recherche d’emploi pour me concentrer plus sur l’élargissement de mon réseau :

« 80% des emplois ne sont pas affichés sur les sites de recherche d’emploi, il est donc essentiel d’activer son réseau »


Grâce à mon réseau, j’ai commencé à travailler pour une société francophone à Toronto. J’ai démarré en-deçà de mes compétences mais il me fallait une première expérience Canadienne. J’ai alors accepté un poste de technicienne pour la mise à jour de leurs téléphones mobiles. En deux mois, l’entreprise m’a proposé un poste de chef de projet que j’ai évidemment accepté. Une fois l’emploi trouvé, tout va assez vite ici. Et à la fin de ce contrat, j’ai développé mon propre emploi, en décidant de partager mon expérience d’expatriée avec de nouveaux arrivants.


Je pense qu’il est important de rappeler que finalement ce qui se passe ici, se passe ailleurs. Avez-vous déjà demandé à un étranger comment se passait sa recherche d’emploi dans votre pays d’origine ?


Je vous partage quelques-uns de mes conseils ainsi que les bonnes questions à se poser avant de lancer sa recherche d’emploi :

1) Souhaitez-vous reprendre le même type d’emploi que vous aviez auparavant ou souhaitez-vous changer de carrière ?

Contrairement aux apparences, le Canada n’est pas les Etats Unis. Si vous pensiez changer de carrière, il vous sera presque impossible de le faire sans faire une formation au préalable.


2) Avez-vous besoin d’une équivalence pour exercer votre métier ?

Infirmière, médecin, architecte, ingénieur… doivent très souvent obtenir une équivalence avant de pouvoir exercer leurs métiers.


3) Recherchez-vous un emploi qualifié ?

Le Canada ne compte quasiment pas de chômage (sauf en ces temps de pandémie), nous sommes au plein emploi mais il y a toutes sortes d’emplois. Je m’explique, de nombreux secteurs recrutent au salaire minimum et en contrat de courte durée. Si vous recherchez un emploi qualifié, il vous faudra faire vos preuves. Soyez prêt à redémarrer en bas de l’échelle. Ne vous inquiétez pas, remonter les échelons arrive plus vite qu’ailleurs lorsque vous avez acquis la confiance de votre employeur.

4) Mon niveau d’anglais est-il suffisant pour me faire comprendre à l’oral et l’écrit ?

Si ce n’est pas le cas, je vous conseille vivement de démarrer par quelques cours d’anglais pour vous remettre à niveau. Ne placez cependant pas la barre trop haute, vous faire comprendre est essentiel mais vous n’avez pas besoin d’être totalement bilingue.


5) Curriculum vitae

Le format utilisé dans votre pays d’origine n’est probablement pas le même qu’au Canada. Mettez à jour votre CV grâce au site du Canada (référence plus bas) pour faire apparaître les éléments essentiels qui sauront faire la différence.


6) LinkedIn

Si vous n’avez pas encore de profil, commencez dès maintenant. Ce réseau social est votre vitrine pour votre recherche d’emploi.


7) Expérience Canadienne

Le volontariat est un très bon moyen d’acquérir une expérience canadienne. C’est également un bon moyen de pratiquer son anglais, d’apprendre la culture au travail et de développer son réseau. Ne négligez jamais le travail de volontariat qui peut déboucher un emploi.


8) Réseau

Point essentiel de votre recherche d’emploi. Le réseautage vous permet d’accéder à des annonces non parues, et vous donne un avantage en entretien. Il peut se faire via vos contacts d’école, vos voisins, vos anciens collègues, votre association sportive, les parents d’élève ou des conférences. Préparer votre « elevator pitch » afin d’être en mesure de vous présenter et d’indiquer ce que vous recherchez en moins de 2 minutes.


“Un elevator pitch est un exercice de communication orale qui consiste à se présenter et mettre en valeur son projet face à un partenaire […] dont le temps est compté.”


9) Patience

Soyez patient, la recherche d’un travail prend du temps. Il faut compter, en général, entre 6 mois et 1 an pour trouver un emploi à Toronto.


Vous avez des questions ? N’hésitez pas à me contacter je me ferais un plaisir d’y répondre et de vous accompagner dans votre démarrage à la recherche d’emploi.


Pour aller plus loin, voici quelques sites où vous pourrez trouver des informations :

- The Canadian Information Centre for International Credentials

- How do I create a Canadian style resume

- Canadian Labour Law Guide employment



N'hésitez pas à prendre de conseil auprès d'un coach pour vous aider dans cette démarche.

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